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Conformité 2026 · 10 min de lecture

Renouvellement ORIAS : la date limite, le coût réel, la radiation

L’e-mail de l’ORIAS tombe pendant que les affaires de décembre ne sont pas soldées. L’attestation de RC pro à jour dort quelque part dans une boîte mail, l’adhésion à l’association a bien été renouvelée — sans doute —, et le dossier peut manifestement attendre. Vous vous dites que vous le ferez en février, comme l’an dernier. C’est la phrase la plus chère du calendrier d’un cabinet.

Les pages consacrées au renouvellement de l’immatriculation décrivent surtout le portail, les écrans, les cases à cocher. Elles ratent trois faits qui, eux, ont des conséquences : la date qui vous engage n’est pas celle que tout le monde retient, ce que vous devez ne se règle ni au même moment ni auprès du même organisme, et « radié » recouvre deux mécaniques distinctes que l’on confond presque toujours.

fenêtre légale de dépôt tolérance ORIAS 1er janv. 31 janv. 1er mars 1er avril 15 juin 30 août ouverture de la campagne date limite de dépôt renouvellement ou radiation fait générateur ACPR appel à contribution 150 € dus à l’ACPR

La date limite du renouvellement ORIAS est le 31 janvier, pas fin février

Le renouvellement de l’immatriculation est effectué au 1er mars de chaque année, et la demande doit être adressée au moins un mois avant l’expiration de l’immatriculation. La date qui vous engage est donc le 31 janvier : le 1er mars n’est pas votre échéance de dépôt, c’est le jour où votre inscription est renouvelée — ou ne l’est plus.

Le texte, mot pour mot

« Le renouvellement de l’immatriculation, mentionné à l’article L. 512-1, est effectué au 1er mars de chaque année. La demande de renouvellement est adressée par l’intermédiaire ou le mandant au moins un mois avant l’expiration de l’immatriculation. » — article A. 512-2 du code des assurances, version en vigueur depuis le 1er avril 2022 (Légifrance, 2022).

L’ORIAS dit la même chose dans son guide : « Chaque année entre le 1er janvier et le 31 janvier, les courtiers doivent renouveler leurs inscriptions » (ORIAS, guide courtier en assurance, 2025). Un mois, pas deux. Le caractère annuel de l’obligation découle, lui, de l’article R. 512-5, III : l’immatriculation « est à renouveler annuellement selon des modalités fixées par arrêté du ministre chargé de l’économie » (Légifrance, R. 512-5). Ce même guide n’annonce en revanche aucune date d’ouverture du portail : caler son planning sur l’e-mail d’avertissement, c’est confier son échéance à quelqu’un d’autre.

Février est une tolérance, et une tolérance ne se plaide pas

Février n’ouvre aucun droit. L’ORIAS écrit lui-même que l’acceptation des dossiers pendant ce mois est une tolérance opérationnelle. Une tolérance ne se réclame pas, ne se prouve pas et ne se défend devant personne. Les bonnes années, elle vous laisse un mois de battement ; elle ne vous garantit rien.

Ce que l’ORIAS écrit de février

« L’acceptation des dossiers de renouvellement en février est une tolérance opérationnelle de l’Orias. Nous invitons ainsi les professionnels à privilégier le mois de janvier pour procéder à leur renouvellement. Il en va de leur sérénité. » — ORIAS, rapport annuel 2024, page 20.

La campagne 2026 dit d’ailleurs l’inverse de l’habitude qu’on se prête volontiers : au 31 janvier 2026, le taux de renouvellement atteignait 84 %, l’ORIAS indiquant constater « habituellement un taux compris entre 94 % et 96 % à fin février » (ORIAS via Planète CSCA, 2026). Février n’absorbe donc qu’une dizaine de points de retardataires : y déposer, ce n’est pas faire comme tout le monde, c’est faire comme la dernière poignée — sur un battement qu’aucun texte ne garantit.

Un délai vous protège. Une tolérance vous arrange, tant qu’elle dure.

Le motif invoqué — la sérénité — n’est pas une formule de politesse : un dossier ouvert le 30 janvier laisse le temps de remplacer une attestation de RC pro périmée, le même dossier ouvert le 26 février ne laisse rien. Le nombre de cabinets concernés relève, lui, de nos repères chiffrés sur le courtage en assurance.

Ce que coûte le renouvellement ORIAS, et la ligne qui tombe le 30 août

Les frais d’inscription sont de 25 € non remboursables, réglés catégorie par catégorie. Mais l’essentiel ne se joue pas là : un courtier d’assurance doit 150 € à l’ACPR au plus tard le 30 août, un conseiller en investissements financiers 450 € à l’AMF avec son dossier. Trois lignes, trois calendriers, trois interlocuteurs.

Ce que vous payezÀ quiQuand
Frais d’inscription — 25 € non remboursables, par catégorieORIASAu dépôt du dossier, en janvier
Contribution pour frais de contrôle — 150 € forfaitairesACPR, acquittée auprès de la Banque de FranceAu plus tard le 30 août
Contribution AMF — 450 € (conseillers en investissements financiers)AMF, réglée auprès de l’ORIASAvec le dossier de renouvellement

Deux mots comptent dans la première ligne. « Non remboursables » : le règlement soumet votre demande, il n’achète pas son acceptation. « Par catégorie » : l’arrêté du 12 décembre 2018 fixe les frais annuels à 25 €, et c’est l’ORIAS qui en tire la conséquence — « l’inscription au registre s’effectuant catégorie par catégorie, les frais d’inscription sont à acquitter pour chacune des catégories choisies » (ORIAS, note sur le fonctionnement du registre unique).

Ce que personne ne regarde, c’est le plafond : l’article L. 512-1 subordonne l’immatriculation à des « frais d’inscription annuels fixés par arrêté du ministre chargé de l’économie, dans la limite de 250 euros » (Légifrance, 2019). Le montant appliqué est dix fois inférieur à ce que la loi permettrait, et l’ORIAS rappelle qu’il était initialement de 50 euros. Rien ne grave 25 € dans le marbre : seul le plafond l’est.

Le calendrier de la contribution ACPR, lui, est intégralement décalé, et c’est ce décalage qui la rend invisible. Son fait générateur est l’inscription à l’ORIAS au 1er avril : la liste est transmise au plus tard le 15 mai, les appels partent au plus tard le 15 juin, et les intermédiaires « doivent s’être acquittés de celle-ci au plus tard le 30 août de l’année ». Le forfait de 150 euros vient d’un arrêté du 26 avril 2010, pris en application de l’article L. 612-20 du code monétaire et financier (ORIAS, rapport annuel 2024, page 13).

Une inversion mérite d’être notée, parce qu’elle prend à revers ce qu’on vient de dire des 25 € : la contribution ACPR ne se multiplie pas par catégorie — cumuler courtage d’assurance et intermédiation en opérations de banque ne fait « acquitter qu’une seule contribution ». Les 450 euros de l’AMF, eux, se règlent auprès de l’ORIAS et complètent le dossier. Ces lignes se raisonnent à l’année, comme la récurrence de commissions qui les finance.

Conséquence pratique : si vous lisez cette page en août, la seule échéance encore ouverte est la contribution ACPR de 150 €, à régler au plus tard le 30 août. Elle ne conditionne pas votre renouvellement — c’est précisément pour cela qu’on l’oublie.

« Radié » : deux situations, et une seule vous laisse trente jours

Ne pas déposer et déposer sans payer n’ont pas le même effet. Un dossier déposé sans son règlement ouvre un délai de trente jours après information de l’ORIAS. Un dossier jamais déposé n’ouvre rien : l’inscription cesse d’être valable au 28 (ou 29) février, et seule la commission d’immatriculation décide de la suite.

Les deux mécaniques

Dossier déposé sans le paiement. « Lorsque la demande de renouvellement est déposée sans le paiement correspondant, l’organisme […] informe le redevable qu’à défaut de paiement dans les trente jours suivant cette information, la demande de renouvellement entraîne la radiation du registre. » — article L. 512-1.

Dossier jamais déposé. « L’inscription au Registre est valable, sauf modifications des conditions initiales d’inscription, jusqu’au 28 (ou 29 février) de l’année suivante » et « seule la commission d’immatriculation est habilitée à prendre la décision de radier une personne immatriculée ou de supprimer une catégorie d’exercice » (ORIAS, note sur le fonctionnement du registre unique). La décision est notifiée par lettre recommandée avec avis de réception « dans le délai de quinze jours suivant la décision en cause » (article R. 512-5, VII).

Vient ensuite le point que les pages de procédure ne chiffrent jamais. L’immatriculation n’est pas un label, c’est une condition d’exercice. L’article L. 514-1 du code des assurances punit les infractions au chapitre II du titre Ier du livre V « d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 6 000 euros, ou de l’une de ces deux peines seulement » (Légifrance, 2005). Or ce chapitre II est celui qui porte l’obligation d’immatriculation : un intermédiaire radié qui continue de distribuer n’est pas en situation irrégulière, il est dans le champ pénal.

Reste la question que tout le monde pose une fois la lettre reçue : peut-on régulariser ? Pas au sens où on l’entend. Campagne close, il ne s’agit plus de rattraper un dossier mais d’en déposer un nouveau, complet — instruit dans un délai maximum de deux mois, toute demande inactive plus de 90 jours étant annulée. Deux mois d’instruction, ce sont deux mois pendant lesquels un portefeuille existe toujours et son gestionnaire ne peut ni le travailler, ni recevoir les contacts qualifiés exclusifs qui l’alimentent.

Ce que le renouvellement ORIAS vous demande vraiment

Quatre éléments, pas davantage : les frais d’inscription, une attestation de responsabilité civile professionnelle à jour, une attestation de garantie financière si vous encaissez des fonds, et une adhésion annuelle renouvelée à une association professionnelle agréée. Ni la capacité professionnelle ni l’honorabilité ne se re-justifient chaque année.

  • Les frais d’inscription, réglés catégorie par catégorie ; leur paiement soumet la demande, il ne la valide pas.
  • La responsabilité civile professionnelle à jour, avec des minima de 1 564 610 € par sinistre et 2 315 610 € par année, la franchise par sinistre étant plafonnée à 20 % des indemnités dues (Légifrance, article A. 512-4).
  • La garantie financière, au moins égale à 115 000 € et jamais inférieure au double du montant moyen mensuel des fonds que vous encaissez (Légifrance, article A. 512-5), exigée si vous encaissez des fonds au sens de l’article L. 512-7.
  • L’adhésion renouvelée à une association professionnelle agréée, obligatoire depuis le 1er avril 2022 pour les courtiers d’assurance et leurs mandataires.

Le renouvellement ne re-teste donc pas votre aptitude : il vérifie que vos couvertures et votre adhésion sont, au jour du dépôt, en cours de validité, l’honorabilité étant contrôlée directement par l’ORIAS. Ce qui reste annuel, en revanche, c’est la formation continue : quinze heures minimum par an (article L. 511-2 et article R. 512-13-1 du code des assurances). Elles ne se déposent pas à l’ORIAS : elles se justifient en contrôle, comme les preuves de consentement qu’un cabinet doit produire toute l’année — des obligations qui ne laissent aucune trace si l’outillage du cabinet ne les porte pas.

Deux calendriers, et un seul décide de l’année

Les deux échéances de cette page, le 31 janvier et le 30 août, se traitent en une heure et se manquent en n’y pensant pas. Le remplissage de l’agenda obéit à la logique inverse : on y pense en permanence, et une heure n’y suffit jamais. Une immatriculation à jour vous autorise à travailler ; elle ne remplit pas une semaine.

La conformité se délègue mal à la mémoire, la prospection mal à la volonté. Une troisième date du même genre attend d’ailleurs les cabinets cette année, hors registre : le régime du démarchage téléphonique bascule le 11 août 2026.

Sur l’autre calendrier, celui qui décide du chiffre d’affaires, Prospee livre des contacts qualifiés exclusifs, travaillés en amont, sous deux formats comptés à l’identique : un rendez-vous confirmé posé dans votre agenda, ou un contact qui a donné son accord pour être rappelé et à qui votre cabinet a été présenté. L’abonnement à la plateforme, 179 € TTC par mois sans engagement, est public.

Chaque contact est réel, exclusif, et à vous : c’est exactement ce que ne garantit pas la fiche mutualisée que vos confrères reçoivent en même temps que vous. Le reste vous appartient : notre métier est l’édition de logiciel, jamais le conseil en assurance.

Questions fréquentes

Quelle est la date limite du renouvellement ORIAS ?

Le 31 janvier. L’article A. 512-2 du code des assurances impose d’adresser la demande au moins un mois avant l’expiration de l’immatriculation, laquelle est renouvelée au 1er mars. Le guide de l’ORIAS retient la même fenêtre : du 1er au 31 janvier.

Peut-on encore renouveler son inscription ORIAS en février ?

En pratique souvent oui, en droit non. L’ORIAS écrit dans son rapport annuel 2024 que « l’acceptation des dossiers de renouvellement en février est une tolérance opérationnelle » et invite à privilégier janvier. Une tolérance peut être restreinte sans préavis : elle n’est pas un délai opposable.

Combien coûte le renouvellement ORIAS ?

25 € non remboursables par catégorie d’inscription. L’arrêté du 12 décembre 2018 fixe les frais annuels à 25 € ; c’est l’ORIAS qui précise que « les frais d’inscription sont à acquitter pour chacune des catégories choisies ». Le plafond légal, lui, est de 250 € (article L. 512-1).

La contribution ACPR de 150 € fait-elle partie du renouvellement ORIAS ?

Non, c’est une obligation distincte, avec son propre calendrier : fait générateur au 1er avril, appel à contribution au plus tard le 15 juin, paiement dû au plus tard le 30 août. Elle n’est due qu’une fois, même en cas de cumul d’activités soumises au contrôle de l’ACPR.

Que se passe-t-il si on oublie de renouveler son immatriculation ?

L’inscription est valable jusqu’au 28 (ou 29) février de l’année suivante. Passé ce terme, aucun texte ne prévoit d’information préalable ni de délai supplémentaire : seule la commission d’immatriculation de l’ORIAS peut prononcer la suppression d’inscription ou la radiation, notifiée par lettre recommandée dans un délai de quinze jours.

J’ai déposé mon dossier de renouvellement sans le régler : que se passe-t-il ?

C’est le seul cas où le code prévoit expressément un délai. L’article L. 512-1 impose à l’ORIAS d’informer le redevable ; à défaut de paiement dans les trente jours suivant cette information, la demande de renouvellement entraîne la radiation du registre.

Je me suis immatriculé en novembre : dois-je renouveler dès le mois de janvier ?

Oui. L’ORIAS précise qu’une personne inscrite après le 1er janvier bénéficie d’une inscription valable jusqu’au 28 (ou 29) février de l’année suivante. Une immatriculation prise en novembre expire donc fin février et doit être renouvelée dans la campagne de janvier, frais compris.

Cet article apporte une information générale sur le cadre réglementaire de l’immatriculation des intermédiaires et n’est ni un conseil juridique personnalisé, ni un conseil en assurance. Les textes évoluent et les obligations applicables dépendent des catégories dans lesquelles vous êtes inscrit ; pour un cas particulier, adressez-vous à l’ORIAS, à votre association professionnelle ou à un avocat. Prospee est un éditeur de logiciel : la responsabilité de votre immatriculation vous appartient.